Ils quittent la prison, mais pas le contrôle. Pour les mineurs détenus, placements imposés, contrôle judiciaire et obligations multiples prolongent la contrainte bien après la sortie. Un simple manquement peut suffire à les renvoyer en détention.
Lahcen a 15 ans quand il connaît sa première cellule. Avant, il y a eu l'Algérie où il rejoint son père en CM1, la garde retirée un an plus tard, le retour en France chez sa mère, l'école lâchée dès la cinquième, les conflits à la maison, le foyer de l'enfance à 14 ans, la fugue, un centre éducatif renforcé, une autre fugue. Après, il y aura des placements tous révoqués, puis une seconde détention de près d'un an.
Son dossier contient une information qui éclaire le reste. Son père a lui aussi été incarcéré, en Algérie, pour des violences. Sa mère, mineure, a connu des placements à l'aide sociale à l'enfance. Le parcours de Lahcen témoigne d’« une continuité générationnelle dans le rapport aux institutions ».
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