Le malaise grandit dans les services d'aide et d'accompagnement à domicile (SAAD) aux familles. Les quatre fédérations nationales du secteur estiment que les financements ne couvrent plus le coût réel de leurs interventions.

La revalorisation de 1,95 % décidée par le conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) ne passe pas. Adédom, l'ADMR, la FNAAFP-CSF et UNA la jugent « largement insuffisante » pour absorber la hausse des charges. Les organisations alertent sur des déficits qui se creusent, des interventions menacées et des structures qui se disent « au bord de la cessation d'activité ».

« Couvrir le coût de revient de ces services »

Une hausse insuffisante

Tout en saluant plusieurs avancées obtenues ces dernières années, comme l'extension des interventions pour prévenir l'épuisement parental et le lancement prochain d'une campagne nationale de promotion des métiers de technicien de l'intervention sociale et familiale (TISF) et d'accompagnant éducatif et social (AES), les quatre fédérations jugent cette décision incompréhensible.

Selon elles, la revalorisation de 1,95 % est « largement insuffisante » et « ne permet pas de couvrir le coût de revient de ces services, surtout après deux années consécutives de gel ». Elles rappellent devoir absorber, depuis le 1ᵉʳ juin, « simultanément la hausse du Smic et le surcoût lié à l'entrée en vigueur des avenants 75 et 76 » de la convention collective. Une équation devenue intenable.

Les déficits s'aggravent

Selon elles, un « écart grandissant entre les financements accordés et les coûts réels des interventions » fragilise désormais l'ensemble du secteur. Déjà, « plusieurs services accumulent les déficits ». Certains envisagent « d'arrêter une partie des interventions » afin de préserver leurs autres activités, tandis que « d'autres se disent au bord de la cessation d'activité ».

« Sécuriser les SAAD Familles, c'est assurer durablement leur mission de prévention »

La prévention vacille

Au quotidien, les SAAD Familles accompagnent des parents confrontés à une naissance, une maladie, une séparation, un handicap, un deuil ou un épuisement parental afin d'éviter que les difficultés ne s'aggravent et de préserver le bien-être de l'enfant. Les quatre organisations estiment aujourd'hui que ce « dispositif de prévention primaire intervenant directement au domicile des familles » est désormais « en danger de disparition ». Elles préviennent aussi que « des milliers de familles » pourraient être privées d'un accompagnement essentiel. « Encore faut-il donner aux acteurs de terrain les moyens d'agir », rappellent-elles.

L'appel à la Cnaf

Les quatre organisations demandent à la Cnaf et à son conseil d'administration de « prendre la mesure de l'urgence » et de « réviser sans délai » leur décision. À leurs yeux, « sécuriser les SAAD Familles, c'est assurer durablement leur mission de prévention et, demain, réduire le coût des politiques de protection de l'enfance ».


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