À la veille de l’examen, le 29 octobre, de la proposition de loi sur l’accompagnement des jeunes majeurs jusqu’à 25 ans, Cause Majeur ! appelle les députés à adopter ce texte pour mettre fin aux sorties sèches de la protection de l’enfance.

Un droit opposable à l’accompagnement jusqu’à 25 ans, pour les jeunes qui en ont besoin : c’est l’objectif de la proposition de loi portée par Marianne Maximi (LFI, Puy-de-Dôme). Le texte concerne les jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance (ASE) et de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Il sera débattu, le 29 octobre, en séance à l'Assemblée nationale dans le cadre de la niche parlementaire de La France insoumise.

Dans un communiqué du 27 octobre, Marianne Maximi rappelle qu’en France, les jeunes quittent le domicile familial autour de 25 ans, alors que la loi n’impose d’accompagner les jeunes de l’ASE que jusqu’à 21 ans. La députée, ancienne éducatrice spécialisée, pointe aussi les failles du droit actuel, qui « rend optionnel l’accompagnement des jeunes parmi les plus fragiles que sont ceux de la protection judiciaire de la jeunesse et permet une mise à la rue des jeunes majeurs sous OQTF ».

« Nous avons aujourd’hui l’opportunité de faire avancer concrètement leurs droits et de leur donner les moyens de construire leur avenir », défend Florine Pruchon, coordinatrice de Cause Majeur !. Dans un communiqué du 28 octobre, soutenu par la fédération des ADEPAPE Repairs !, le collectif appelle à voter cette proposition de loi « sans réserve ».

Des accompagnements trop courts

Cause Majeur ! s’appuie sur sa dernière enquête annuelle, menée auprès de 116 professionnels dans 49 départements, et rendue publique le 5 février 2026 : les jeunes sont accompagnés en moyenne pendant 22 mois, soit jusqu’à 19 ans et 10 mois. La durée médiane du premier accompagnement ne dépasse pas six mois. Selon les données de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), les poursuites d’accompagnement après 18 ans varient de 29 % à 70 % selon les départements.

« Si la loi du 7 février 2022 a constitué une avancée, il reste encore beaucoup à faire pour accompagner ces jeunes jusqu’à leur inclusion pleine et entière dans la société », estime le collectif. Celui-ci rappelle qu’un jeune majeur sur deux n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation. Il indique également qu’un quart des jeunes sans domicile fixe auraient connu un parcours à l’ASE. À ces difficultés s’ajoute le risque de devenir « la proie privilégiée des réseaux de trafic ou d’exploitation sexuelle », alerte Cause Majeur !.

Un front large, de LFI à LR

La rédaction du texte résulte, selon le collectif, d’un travail associant Cause Majeur ! et des députés de plusieurs groupes politiques, de La France insoumise aux Républicains. Cette démarche a donné lieu au dépôt, en avril, de deux textes quasi identiques : l’un porté par Laure Miller (Ensemble pour la République, Marne) et Nicole Dubré-Chirat (Ensemble pour la République, Maine-et-Loire), l’autre par Marianne Maximi. Ils réunissent, d’après le collectif, plus de 180 signatures de députés.

Cause Majeur ! salue également l’adoption, le 27 octobre, d’un amendement de 800 millions d’euros en faveur des jeunes majeurs de la protection de l’enfance, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2027.

Un investissement pour l’avenir

Le collectif avance aussi un argument économique. D’après son étude « Les vies de Paul », publiée en septembre 2025, accompagner un jeune jusqu’à 25 ans pourrait générer un gain net de 1,8 million d’euros pour la société sur l’ensemble de sa vie.

« Garantir aux jeunes protégé·e·s un accompagnement effectif et opposable jusqu’à 25 ans - s’ils en ont besoin - n’est ni un luxe ni une option : c’est une nécessité sociale et humaine, mais aussi un investissement pour l’avenir », souligne Florine Pruchon. « La France doit répondre aux appels de cette jeunesse. »


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