Le juge des enfants décide du sort d’enfants en danger. Il croule sous 400 à 600 dossiers dans bien des cabinets de province, alerte Laurent Gebler, conseiller à la Cour de cassation. Et il s’écarte de la loi, pointe Damien Mulliez, magistrat honoraire. Un juge à l’épreuve.
Le juge des enfants fait le travail des autres. Là où les services de prévention fonctionnent mal, « on envoie la famille au juge », observe Laurent Gebler, conseiller à la Cour de cassation. Il tient aussi lieu de juge aux affaires familiales quand un conflit entre parents tourne mal, de juge des tutelles pour les mineurs isolés étrangers, ou pallie les carences du secteur médico-social quand un enfant n’a pas trouvé de place dans un établissement spécialisé. Résultat, dans bien des cabinets, surtout en province, un juge doit traiter « entre 400 et 600 dossiers famille ». « À force de charger la barque, on est en train de la couler », alerte le haut magistrat.
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