Le gouvernement annonce 90 millions d’euros sur deux ans pour soutenir les crèches et l’accueil individuel. Dès 2026, 30 millions d’euros doivent permettre de renforcer les structures les plus fragiles et de préserver les solutions de garde pour les familles.

Le secteur de la petite enfance va bénéficier d’un nouveau soutien financier. Face à la hausse des charges, aux difficultés de recrutement et aux besoins toujours importants des familles, Stéphanie Rist, ministre de la Santé et des Familles, annonce un plan d’urgence de 90 millions d’euros sur deux ans. « La petite enfance doit rester une priorité », souligne-t-elle.

30 millions dès 2026

Le gouvernement prévoit une première enveloppe de 30 millions d’euros en 2026, puis 60 millions en 2027. Une nouvelle revalorisation de la prestation de service unique (PSU) doit notamment aider les crèches à faire face à leurs difficultés économiques. Le bonus territoire sera également augmenté. Plus de 3 000 crèches, situées dans les territoires les plus fragiles, devraient en bénéficier.

Plus de soutien

L’accueil individuel est lui aussi concerné. Les aides au démarrage des maisons d’assistantes maternelles (MAM) et à l’installation des assistantes maternelles seront renforcées. Le dispositif prévoit également de faciliter l’accueil en crèche des enfants de professionnels de première ligne, notamment dans le secteur de la santé. Pour Stéphanie Rist, l’objectif est de « ne laisser ni les crèches, ni les assistantes maternelles, ni les familles seules » face aux difficultés actuelles.

100 000 places

L’enjeu dépasse toutefois l’urgence financière. La France compte aujourd’hui environ 60 places d’accueil pour 100 enfants de moins de trois ans. Sans nouvelles mesures, au moins 100 000 places supplémentaires pourraient manquer d’ici 2033 pour maintenir le niveau actuel de couverture.

Le gouvernement veut donc agir à la fois sur les structures existantes et sur le développement de nouvelles solutions d’accueil.

Face aux fortes chaleurs

Les épisodes de fortes chaleurs de cet été ont également mis en lumière la nécessité d’adapter les lieux d’accueil des jeunes enfants. La branche Famille de la Sécurité sociale, avec la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), préparera, en lien avec le fonds de modernisation des établissements, un plan spécifique pour aider les crèches à mieux faire face aux fortes températures.

L’objectif est de permettre aux établissements de s’équiper davantage avant l’été 2027 et d’améliorer les conditions d’accueil des enfants lors des épisodes de chaleur.

Le dispositif prévoit de compenser les décalages d’admission en crèche liés au nouveau congé supplémentaire de naissance. Cette mesure doit éviter que les établissements supportent seuls les conséquences financières de ce nouveau droit accordé aux parents.

Les différentes mesures seront examinées cette semaine par le conseil d’administration de la CNAF, avant un vote définitif attendu début octobre. Les premiers financements pourraient être mis en œuvre dès la fin de 2026.

Mais le gouvernement entend aller au-delà de cette réponse d’urgence. Les prochains chantiers porteront notamment sur le financement des modes d’accueil, l’attractivité des métiers de la petite enfance, la qualification des professionnels et la création de nouvelles places. « Nous devons consolider l’offre aujourd’hui pour pouvoir l’accroître demain », souligne Stéphanie Rist, en défendant une action qui doit s’inscrire dans la durée.