Le chef de l’État a choisi l’ancien président de Vinci Autoroutes pour succéder à Dominique Simonnot au poste de Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Le Parlement doit encore se prononcer.

Parmi une dizaine de candidats, Emmanuel Macron a retenu Pierre Coppey, mercredi 14 octobre, pour prendre la tête du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Avant toute nomination officielle en Conseil des ministres, les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat devront rendre leur avis. En cas de feu vert, le futur contrôleur dirigera pour six ans cette autorité indépendante, sans possibilité de renouvellement ni de révocation.

Une double casquette

Pierre Coppey, 63 ans, a suivi des études de journalisme à Strasbourg. Il prend en charge en 1989 la communication interne et institutionnelle de La Poste, avant de rejoindre trois ans plus tard Campenon Bernard SGE, futur groupe Vinci. Il y restera 33 ans, à la présidence de Vinci Autoroutes de 2009 à 2024 puis à la vice-présidence exécutive du groupe à partir de 2016, jusqu’à son départ en janvier 2025. En parallèle, il préside depuis 2000 Aurore, association qui accompagne vers l’autonomie les personnes en situation de précarité ou d’exclusion, parmi lesquelles d’anciens détenus.

La surpopulation en ligne de mire

Sa prédécesseure a, elle aussi, côtoyé le champ de la réinsertion. Dominique Simonnot a débuté en 1979 comme déléguée à la probation, avant de devenir chroniqueuse judiciaire à Libération puis au Canard enchaîné. Pendant six ans, elle a fait de la surpopulation carcérale un axe central de son mandat. Le CGLPL a plaidé en 2023, puis de nouveau en juillet 2026, pour un mécanisme contraignant de régulation carcérale.

Les enfants enfermés, une priorité

Les mineurs privés de liberté ont fait l’objet de nombreux travaux du CGLPL. Après un rapport thématique sur leurs droits fondamentaux en 2021, la contrôleure déplorait en 2023 l’absence d’évaluation des centres éducatifs fermés. Un avis de 2024 a ensuite pointé la faiblesse de l’enseignement dispensé aux jeunes détenus ou placés. En août 2025, des recommandations en urgence sur l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Marseille-La Valentine préconisaient, pour la première fois, sa fermeture au moins partielle. Quelques mois plus tard, un avis consacré aux adolescents hospitalisés en psychiatrie réclamait la création d’un statut légal du mineur hospitalisé. Son dernier rapport annuel, publié en mai, décrivait des jeunes maintenus toujours plus longtemps dans des établissements où l’école et les activités reculent faute de personnels.

Le futur contrôleur prendra ses fonctions alors que la population carcérale a dépassé pour la première fois les 90 000 détenus, pour 63 348 places opérationnelles.