Sans gouvernance partagée ni moyens à la hauteur des orientations nationales, les institutions de la protection de l'enfance pourraient se replier sur elles-mêmes d'ici 2035, au détriment de l'accompagnement des enfants et des familles.

Dans les associations de protection de l'enfance, l'urgence dicte le quotidien et laisse peu de place à la réflexion sur l'avenir. Cinq poids lourds du champ ont malgré tout décidé de lever la tête. Apprentis d'Auteuil, l'association Chanteclair, la Croix-Rouge française, SOS Villages d'enfants et la Fondation la Vie au Grand Air ont publié le 22 novembre « La protection de l'enfance à l'horizon 2030-2035 » un rapport de prospective mené avec l'Uniopss et le centre Futuribles.

« Nous avons fait le choix de monter en montgolfière ; le choix de la prise de hauteur pour regarder le paysage et pas seulement pour savoir où poser le prochain pas », écrivent-ils. Leur poste d'observation n'a rien d'anecdotique : 61 départements couverts, 20 947 jeunes suivis au cours de l'année 2022 et 6 522 équivalents temps plein. De ce travail sont nés 4 scénarios volontairement contrastés, qui ne prétendent rien prédire. « La réalité se situera donc très certainement à la croisée de plusieurs d'entre eux », préviennent les opérateurs.

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