Présidé par la professeure Céline Greco, le comité scientifique permanent de la protection de l’enfance lance ses travaux. Chercheurs, professionnels et anciens enfants placés sont appelés à contribuer à la future stratégie nationale 2026-2030.
Le comité scientifique permanent chargé d’accompagner la refondation de la protection de l’enfance a tenu sa première séance plénière le 22 avril. Annoncée en février lors du comité stratégique sur la protection de l’enfance, cette nouvelle instance doit contribuer à l’élaboration de la future stratégie nationale 2026-2030.
Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, et Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ont confié sa présidence à la professeure Céline Greco, pédiatre à l’hôpital Necker-Enfants malades, cheffe du service de médecine de la douleur et médecine palliative, présidente de l’association Im’Pactes, spécialiste des traumatismes et des parcours de vulnérabilité, également ancienne enfant confiée.
Le gouvernement explique vouloir engager une « dynamique de transformation ambitieuse » de la protection de l’enfance, menée « avec l’ensemble des parties prenantes » et appuyée sur des « données robustes ». L’exécutif affirme aussi vouloir garantir « l’exigence scientifique, l’indépendance intellectuelle et l’ancrage dans les réalités de terrain » de cette refondation.
Une équipe hybride
Le comité rassemble 16 membres issus d’horizons très différents : chercheurs, psychiatres, juristes, responsables associatifs, cadres du secteur social et professionnels de terrain.
Parmi eux figurent notamment Michèle Créoff, inspectrice des affaires sanitaires et sociales et ancienne vice-présidente du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE), Guillaume Bronsard, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au CHU de Brest et président de l’École des parents et des éducateurs Ile-de-France, Bénédicte Lavaud-Legendre, chargée de recherche au CNRS spécialiste de l’exploitation sexuelle des mineurs, Anne Raynaud, psychiatre spécialiste de la périnatalité et fondatrice de l’Institut de la parentalité, ou encore Katy Lemoigne, présidente de la commission enfance jeunesse famille de l’Uniopss et directrice exécutive d’Askoria.
Le spécialiste des politiques de jeunesse Antoine Dulin, directeur général de Medialys et ancien président de la commission Insertion des jeunes au Conseil d’orientation des politiques de jeunesse, fait également partie de l’instance.
« Placer l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de chaque décision »
Les anciens placés au cœur
La composition du comité marque aussi la place croissante prise par les anciens enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE).
Aux côtés de Céline Greco siègent notamment Lyes Louffok, juriste, éducateur spécialisé et ancien enfant confié, Mamédi Diarra, juriste, consultant-formateur et président de l’ADEPAPE du Val-de-Marne Repairs! 94, ainsi que Diodio Metro, éducatrice spécialisée, responsable du pôle formation à l’École pratique de service social, cofondatrice de Repairs 95 et ancienne enfant confiée à l’ASE.
Le comité compte aussi Johan Goncalves-Procek, directeur des politiques à la direction générale Home de la Commission européenne, membre fondateur du Réseau national des ambassadeurs de la résilience (RENAR) et créateur de « Jeunes2Foyer », Jennifer Le Pioufle, juriste en droit social et administratrice de Repairs! 44, ainsi que Anne-Solène Taillardat, cadre socio-éducative à la Maison de Répit des Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne, pair-aidante bénévole et militante engagée sur les parcours de vulnérabilité.
Le gouvernement insiste sur la volonté de « placer l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de chaque décision », avec une gouvernance mêlant expertises scientifiques et savoirs issus de l’expérience du placement.
Le regard international
Le comité s’appuie également sur plusieurs chercheurs internationaux venus du Canada, de Suède et des États-Unis afin d’apporter des approches comparées sur les traumatismes développementaux, les violences faites aux enfants et les politiques de protection de l’enfance.
Parmi eux figurent notamment Delphine Collin-Vézina, directrice du Consortium canadien sur les traumatismes chez l’enfant et l’adolescent à l’Université McGill, Tonino Esposito, directeur scientifique de l’Institut universitaire « Jeunes en difficulté » à l’Université de Montréal, ou encore Patricia K. Kerig, professeure de psychologie clinique à l’Université d’Utah et rédactrice en chef du Journal of Child and Adolescent Trauma.
Un appel au terrain
Les travaux du comité doivent alimenter la future stratégie 2026-2030 autour de plusieurs priorités : prévention précoce, stabilité des parcours, qualité des prises en charge, santé, scolarité, accès à l’autonomie et meilleure articulation entre les secteurs sanitaire, social, éducatif et judiciaire.
Le comité devra également assurer une fonction « d’éclairage et de vigilance », en intégrant « les données probantes, les recommandations internationales et les bonnes pratiques observées en France comme à l’étranger ». Il pourra aussi produire des recommandations indépendantes et participer à une « analyse exhaustive des politiques publiques ».
Les membres du comité souhaitent désormais ouvrir largement leurs travaux. Professionnels, associations, chercheurs, collectivités et personnes concernées sont invités à transmettre des initiatives jugées « particulièrement innovantes et probantes » au service des enfants et des familles.
Les contributions peuvent être envoyées jusqu’au 15 juin 2026 à l’adresse suivante : refondationase.sfaph@sante.gouv.fr