Une politique bâtie par couches successives, sans cap d'ensemble : c'est le constat du Comité scientifique permanent. Remis aux ministres Stéphanie Rist et Gérald Darmanin, son rapport propose de refonder la protection de l'enfance d'ici 2030, de la prévention à la sortie de l'ASE.
Ruptures de parcours, dispositifs qui ne se parlent pas, familles perdues entre les institutions : le tableau est connu, dressé de rapport en rapport. Celui du Comité scientifique permanent pour la refondation de la politique de protection de l'enfance, remis le 17 septembre 2026 à la ministre de la Santé et des Familles et au garde des Sceaux, veut y répondre par une même boussole d'un bout à l'autre : suivre l'enfant « de la prévention la plus précoce, à commencer par le soutien à la famille, jusqu'à son autonomie ».
Aux commandes, la Pr Céline Greco, cheffe du service de médecine de la douleur et palliative à l'hôpital Necker-Enfants malades. Ancienne enfant de l'aide sociale à l'enfance (ASE), elle a piloté depuis février 2026 huit groupes de travail réunissant chercheurs, magistrats, soignants, cadres départementaux et anciens jeunes confiés. L'ambition tient en une formule : « mettre fin à une politique de protection de l'enfance construite par empilement successif de dispositifs sectoriels ». Elle repose sur trois principes, la primauté de « l'intérêt supérieur de l'enfant », une « coresponsabilité effective » entre l'État et les départements, et « une culture de l'évaluation continue ».
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