À la rentrée 2026, les protections menstruelles réutilisables seront partiellement remboursées pour les femmes de moins de 26 ans et intégralement pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Une mesure attendue face à des difficultés d’accès encore massives chez les jeunes.
Le remboursement des protections périodiques réutilisables doit entrer en vigueur « dès la rentrée universitaire ». Votée dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, la mesure vise à améliorer l’accès aux protections périodiques et cible en priorité les personnes confrontées à la précarité menstruelle. Malgré la promesse d’Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, d’une application « avant fin 2025 », le dispositif n’a pas été mis en œuvre. Faute de publication du décret d’application, il est resté suspendu, suscitant incompréhension et critiques de la part des associations féministes.
Une précarité qui frappe les jeunes
Selon l’enquête de l’association Règles élémentaires, publiée en 2023, en France, près de 4 millions de femmes de 18 à 50 ans manquent régulièrement de protections. Les jeunes femmes sont les plus touchées, avec 44 % des 18-24 ans déclarant des difficultés d’accès, parfois au point de renoncer à se rendre en cours ou au travail.
« La précarité menstruelle n'est pas une fatalité : c'est une injustice à laquelle nous devons répondre avec détermination », déclare Stéphanie Rist, ministre de la Santé et des Familles, qui salue une « avancée majeure de notre modèle social ». De son côté, Aurore Bergé souligne : « Aucune femme, aucune jeune fille ne devrait avoir à renoncer à son hygiène intime : c'est une question de santé et dignité ». Le Gouvernement met en avant trois axes : « lutter contre la précarité menstruelle », « soutenir le pouvoir d’achat » et « encourager l’usage de produits réutilisables », indiquent les ministères dans leur communiqué.
Quelle prise en charge ?
Le dispositif prévoit une prise en charge en pharmacie, sans ordonnance, des protections menstruelles réutilisables. Les produits devront répondre à des critères sanitaires stricts, incluant une certification et l’absence de substances toxiques.
Le remboursement concernera, à ce stade, les protections périodiques réutilisables vendues en pharmacie, notamment les culottes menstruelles, les coupes et les serviettes lavables. Pour déterminer les produits éligibles, « le cahier des charges sera publié après l’avis de l’Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail] », précise le ministère de la Santé.
Pour les femmes de moins de 26 ans, 60 % du prix sera pris en charge par l’assurance maladie. Les 40 % restants peuvent être compensés par les organismes complémentaires selon les garanties souscrites. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire disposeront, eux, d’un remboursement intégral à 100 %, via le tiers payant.