Fermeture progressive des CEF - publics en 2026 puis associatifs en 2027 - au profit des UJPE : Thomas Lesueur, directeur de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) défend la réforme portée par le ministère et met en avant un renforcement de l’individualisation des réponses pour les mineurs délinquants.

Thomas Lesueur est directeur de la protection judiciaire de la jeunesse depuis août 2025. Il a été directeur adjoint du cabinet de Gérald Darmanin au ministère de la Justice et a occupé des fonctions à la Cour des comptes, ainsi que dans plusieurs cabinets ministériels. Haut fonctionnaire, il est diplômé de Sciences Po Paris.

La réorganisation de l’offre de placement, avec notamment la fermeture prochaine des centres éducatifs fermés (CEF) publics, a été vivement critiquée par les syndicats de la PJJ, qui dénoncent une réforme conduite « sans concertation réelle » et « dans la précipitation », sur un calendrier inférieur à un semestre. Que leur répondez-vous ?

Thomas Lesueur. Les centres éducatifs fermés font, depuis plus de vingt ans, l’objet de débats au sein de la protection judiciaire de la jeunesse. Vingt ans de controverses autour de l’efficacité de cette réponse particulière à la délinquance des mineurs. Et, au fil du temps, une conclusion s’est imposée, étayée notamment par la Cour des comptes et par l’Inspection générale de la justice : les centres éducatifs fermés, dont le coût est supérieur à celui des foyers de la PJJ [les unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC), NDLR], n’ont pas apporté la preuve de leur efficacité. Un constat déjà ancien, largement documenté. Le ministre de la Justice s’était interrogé publiquement, à plusieurs reprises, sur la possibilité de prévoir un moratoire de ces CEF, ce qui constituait déjà une inflexion très forte de l’orientation politique. Gérald Darmanin avait également commandé une mission à l’Inspection générale de la justice afin d’établir un état des lieux. Au vu des conclusions de ces travaux et du caractère récurrent de ce débat, il a souhaité tourner la page des centres éducatifs fermés en s’appuyant notamment sur plusieurs constats partagés.

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