À mi-chemin entre l'établissement et l'accueil familial, les lieux de vie et d'accueil cultivent leur singularité. Le projet de loi relatif à la protection des enfants prévoit pourtant de les intégrer aux schémas départementaux. Yannick Paquereau, secrétaire général de la FNLV, y voit une menace pour l'autonomie de ce modèle.
Les lieux de vie et d'accueil restent assez méconnus, y compris dans le secteur de la protection de l'enfance. Combien y en a-t-il aujourd'hui ?
Yannick Paquereau. Il est difficile d'avoir une photographie parfaitement précise des lieux de vie et d'accueil. Le véritable tournant est intervenu avec la loi Taquet du 7 février 2022. De nombreuses structures non autorisées ont fermé et une partie s'est transformée en lieux de vie et d'accueil, pour le meilleur et pour le pire. Avant cette réforme, on recensait environ 450 LVA. Le nombre de créations et de fermetures restait relativement stable. Notre principal combat concernait alors une quinzaine de départements qui refusaient leur implantation. Nous considérions ces refus comme contraires au cadre légal et les contestions régulièrement devant les tribunaux administratifs. Depuis, le paysage a profondément changé. On dénombre aujourd'hui environ 800 lieux de vie et d'accueil et ils pourraient être près de 900 d'ici la fin de l'année. En quatre ans, leur nombre aura quasiment doublé. Nous avions recensé 15 départements qui refusaient tout lieu de vie, en toute illégalité avec la loi.
Pour suivre cette évolution, nous nous appuyons sur l'annuaire réalisé par Patrick Tesson, ancien responsable de LVA dans le Maine-et-Loire. Pour obtenir certaines listes départementales, il a dû saisir la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA).
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