Délaissement parental ramené à 6 mois, création d’une suppléance parentale, développement de l’adoption simple. Auditionnée le 17 juin à l’Assemblée nationale, Monique Limon, présidente du Conseil national de l’adoption, soutient l’ambition du projet de loi relatif à la protection des enfants tout en alertant sur plusieurs fragilités juridiques et difficultés de mise en œuvre.
Combien de temps un jeune enfant confié à l’aide sociale à l’enfance peut-il rester sans qu’une décision soit prise sur son avenir familial ? C’est l’une des questions les plus sensibles soulevées par le projet de loi relatif à la protection des enfants. Pour éviter que des nourrissons et de très jeunes enfants ne passent des mois, parfois des années, dans l’attente d’un projet de vie stable, le gouvernement propose d’accélérer certaines procédures. Cette réforme intervient alors que plusieurs situations observées en pouponnière ont relancé les interrogations sur le temps de l’enfant et la construction d’un projet familial durable lorsque les perspectives de retour dans la famille s’éloignent.
Auditionnée le 17 juin par la Délégation aux droits des enfants de l'Assemblée nationale, Monique Limon pose une ligne rouge. « L'adoption vise la protection de l'enfance. Cette décision obéit au seul intérêt supérieur de l'enfant et n'a pas vocation à constituer une réponse à la crise que traverse la protection de l'enfance. Il ne faut pas tout mélanger », insiste la présidente du Conseil national de l’adoption. Elle rappelle également que « même tout petit, tous les enfants ne sont pas adoptables forcément ». Pour autant, le Conseil national de l’adoption « souscrit à la volonté de permettre à tout jeune enfant délaissé et sans espoir de retour dans sa famille de naissance d'être accueilli dans une famille ».
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