Le meurtre de Lyhanna a placé les défaillances de la justice pénale au cœur du débat public. Auditionnées par le Sénat, les principales associations d'aide aux victimes voient dans ce drame l'illustration de dysfonctionnements anciens dans la protection des enfants.
Comment un homme visé par plusieurs plaintes et signalements pour violences sexuelles sur mineurs a-t-il pu ne jamais être interpellé ? C'est la question qui guide les travaux de la commission d'enquête sénatoriale sur le pilotage de la politique pénale et la prévention de ses dysfonctionnements. Le 24 juin, au lendemain de la remise des conclusions provisoires du pré-rapport sur l'affaire Lyhanna, les sénateurs ont entendu Isabelle Decosterd, vice-présidente de la fédération France Victimes, Isabelle Sadowski, directrice générale adjointe, Alexandra Martel, coordinatrice administrative, et Alicia Poret, coordinatrice administrative adjointe du Collectif féministe contre le viol (CFCV), ainsi que Frédéric Benoist, avocat de la Voix de l'Enfant.

Pendant près de trois heures, tous décrivent une même réalité : l'affaire Lyhanna ne révèle pas une défaillance isolée. Elle met au jour des dysfonctionnements que les professionnels disent constater depuis des années.
L'affaire Lyhanna a conduit le Sénat à créer, le 10 juin, une commission d'enquête sur le pilotage de la politique pénale et la prévention de ses dysfonctionnements. Elle n'a pas pour mission de réexaminer cette affaire judiciaire, mais d'établir comment des plaintes, des signalements et des alertes ont pu rester sans effet jusqu'à permettre de nouvelles victimes. Pendant six mois, les sénateurs auditionneront magistrats, policiers, gendarmes, avocats, associations d'aide aux victimes et représentants des administrations afin de passer au crible toute la chaîne pénale, du dépôt de plainte au traitement judiciaire. Ils chercheront à déterminer où les procédures se grippent, pourquoi certaines instructions ne sont pas appliquées et quelles évolutions permettraient d'éviter que ces défaillances ne se reproduisent. Dotée des pouvoirs d'une commission d'enquête, la mission peut entendre des témoins sous serment et obtenir la communication de documents. Son rapport est attendu en décembre 2026.
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