Le 21 juillet, Claire Hédon quittera la Défenseure des droits après six années marquées par une explosion des saisines. Protection de l'enfance, école, justice des mineurs, MNA, discriminations : son ultime bilan raconte surtout comment les droits des enfants se sont progressivement fragilisés.

Arrivée en pleine crise sanitaire, en juillet 2020, Claire Hédon quittera sa fonction de Défenseure des droits le 21 juillet, en même temps que ses quatre adjoints chargés des droits de l'enfant, des discriminations, de la déontologie de la sécurité et des lanceurs d'alerte. Elle transmet une institution dont l'activité a atteint un niveau inédit. En six ans, les saisines ont bondi de plus de 70 %, jusqu'à frôler les 200 000 réclamations en 2026. Au total, le Défenseur des droits a traité 815 885 demandes d'information, d'orientation et de réclamations, publié 74 rapports, rendu plus de 1 500 décisions, formulé 1 300 recommandations, participé à plus de 90 auditions parlementaires et s'appuie désormais sur 660 délégués répartis dans 1 000 points d'accueil.

Cette explosion des saisines ne traduit pas seulement une meilleure connaissance de l'institution. Elle révèle surtout une société où l'accès aux droits se dégrade. « Oui, la vulnérabilité crée les possibilités d'atteintes aux droits », résume Claire Hédon. Puis elle livre, lors d'une conférence de presse le 25 juin, ce qui restera comme le fil rouge de son mandat : « Un droit auquel on ne peut accéder est vidé de sa substance et affaiblit directement la confiance envers nos institutions. »

Le long décrochage des droits de l'enfant

Pendant six ans, Claire Hédon a fait des droits de l'enfant l'un des principaux combats. Six rapports annuels, une décision-cadre de 46 recommandations sur la protection de l'enfance, un rapport sur les mineurs non accompagnés, un autre sur la justice des mineurs, des contributions aux Nations unies et de nombreuses observations devant les juridictions en témoignent.

Pour Claire Hédon, les enfants sont le révélateur de l'état de nos institutions. « Les personnes les plus en difficulté ne sont pas des publics à atteindre, mais des sujets de droit à écouter », affirme-t-elle. Cette conviction s'est traduite dans les faits : pendant son mandat, plus de 13 000 enfants ont été directement consultés pour nourrir les rapports annuels du Défenseur des droits, une démarche inédite destinée à faire de leur parole un levier des politiques publiques. « Les dysfonctionnements de la protection de l'enfance, les inégalités à l'école, les difficultés d'inclusion, les violences et le harcèlement à l'école, la multiplication d'espaces sans enfants, la remise en cause de la justice des mineurs, les discriminations qui touchent particulièrement certains jeunes composent un climat devenu hostile aux plus jeunes, qui crée une société sans horizon », alerte-t-elle.

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