Un rapport de la commission des finances du Sénat dresse un constat sans concessions : les AESH sont sous-payées, sous-formées, et la fonctionnarisation réclamée par les syndicats ne résoudrait rien. Trop longtemps traité à coups de rustines, le métier réclame une vraie réforme.
Sous-payées, à temps partiel, souvent en reconversion : les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) sont 140 000 en France, à 94 % des femmes. Elles sont devenues, sans vraiment le décider, le deuxième corps de métier de l'Éducation nationale. Sur les 105 455 postes créés au ministère entre 2016 et 2024, révèle le rapport du sénateur Olivier Paccaud présenté le 20 mai devant la commission des finances du Sénat, 97 091 étaient des postes d'AESH.
Les syndicats réclament depuis longtemps leur fonctionnarisation. Le rapporteur répond : non. « Je ne suis pas favorable à la création d'un statut de fonctionnaire pour les AESH », écrit-il. Une position que partagent les inspections générales de l'éducation (IGESR) et des affaires sociales (IGAS), dont le rapport distinct, présenté le même jour aux syndicats et révélé par le site spécialisé Yanous, juge la fonctionnarisation « inappropriée » « dans un contexte où la transition majeure à opérer consiste à réinvestir massivement dans l'accessibilité et l'accompagnement pédagogique ».
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