Le ministère de la Justice dévoile des données inédites sur les clients ayant recours à la prostitution de mineurs.
En décembre 2025, la sénatrice Olivia Richard (Français établis hors de France) interrogeait le garde des Sceaux sur les poursuites et condamnations des clients ayant recours à la prostitution de mineurs de moins de 15 ans. La réponse du ministère de la Justice, publiée le 21 mai 2026 au Journal officiel du Sénat, livre des données statistiques inédites sur l'un des contentieux les plus graves du droit pénal français.
69 % d'affaires poursuivables en 2024
La part des affaires poursuivables est de 69 % en 2024 (18 personnes), contre 95 % en 2023 (54 personnes) et 87 % en 2019 (13 personnes). Le ministère souligne que « le taux de réponse pénale est très élevé » : 94,4 % en 2024, 100 % en 2023, 92,3 % en 2019, « dont 100 % de poursuites ».
En 2024, elles se traduisent par « 47 % de saisines du juge d'instruction » — contre 87 % en 2023 et 58 % en 2019 — « et 41 % de poursuites correctionnelles », contre 9 % en 2023 et 42 % en 2019.
77 % des condamnations : de la prison ferme
En 2019, 6 condamnations avaient été prononcées pour recours à la prostitution de mineur de moins de 15 ans. De 2020 à 2024, ce chiffre est tombé sous le seuil des 5 chaque année. Le ministère précise que « toutes les condamnations ont été assorties d'une peine d'emprisonnement, ferme dans 77 % des cas et avec un quantum moyen de 19,2 mois ». Pour les dossiers cumulant viol sur mineur de moins de 15 ans et recours à la prostitution de mineur, le casier judiciaire national recense « moins de 5 condamnations » en 2021 comme en 2024 alors que les poursuites sont systématiques, à 100 %.