Dans son rapport remis le 28 septembre à la ministre de la Santé et des Familles, la mission périnatalité dresse un constat sévère sur la PMI, fragilisée par la baisse de ses budgets et éloignée de nombreuses familles. Elle propose de revoir en profondeur son financement et ses missions.
Dix euros dans un département, 344 dans un autre. En 2017, la dépense annuelle de la protection maternelle et infantile (PMI) pour un enfant de 0 à 6 ans variait de 1 à plus de 34 selon le lieu de naissance. « La seule volonté politique locale », tranche le rapport remis le 28 septembre à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles.
Ces écarts persistent alors que la mortalité infantile remonte en France depuis 2011. De 3,5 ‰ cette année-là, elle a atteint 4,1 ‰ en 2024, soit près de 2 700 enfants morts avant leur premier anniversaire, environ un sur 250. La hausse se concentre sur le premier mois de vie, où le taux est passé de 1,5 ‰ à 2 ‰. Depuis 2015, la France dépasse la moyenne européenne : 4 ‰ en 2023, contre 3,3 ‰ dans l’Union. Après plus de dix ans d’alertes, la ministre a lancé une mission le 5 février.
Trois de ses quatre membres ont signé le rapport : Marie-Pierre Bonnet, anesthésiste-réanimatrice, Loïc Sentilhes, gynécologue-obstétricien, et Elsa Kermorvant, pédiatre. La quatrième, Eliette Bruneau, sage-femme libérale, s’y est refusée.
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