Le Conseil économique, social et environnemental veut replacer les droits des enfants au cœur des décisions publiques.
Santé, éducation, précarité, environnement, numérique. Pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE), les enfants restent largement absents des arbitrages publics. L'institution a annoncé, le 17 juin, la création d'une délégation aux droits des enfants, présidée par Pierre-Alain Sarthou, directeur général de la CNAPE (Convention nationale des associations de protection de l'enfant) et conseiller au CESE depuis avril.
Élue à la présidence du CESE en mai dernier, Claire Thoury veut faire des droits des enfants « un axe structurant » de sa mandature. Dans un contexte qui met « chaque jour les droits des enfants à rude épreuve », elle entend placer « l'intérêt supérieur de l'enfant et l'expression de sa parole » au cœur des travaux de l'institution. Pierre-Alain Sarthou souhaite, lui, faire de cette nouvelle délégation « un véritable outil au service des pouvoirs publics et des enfants », capable de produire des recommandations « utiles, concrètes et à la hauteur des enjeux ».
Les enfants dans l'équation
Pour le CESE, la place des enfants dans l'élaboration des politiques publiques demeure trop rarement interrogée. Pourtant, les décisions prises en matière de santé, de logement, d'éducation, de lutte contre la pauvreté, d'environnement ou de numérique ont des conséquences directes sur leur quotidien.
L'institution estime que « les droits des enfants, peu connus, peu évoqués avec les enfants eux-mêmes, sont régulièrement bafoués ». La nouvelle délégation devra identifier les obstacles à l'exercice de ces droits, repérer les difficultés émergentes avant qu'elles ne deviennent des crises et renforcer la place de la parole des enfants dans le débat public.
L'alerte du terrain
La CNAPE voit dans cette nouvelle instance l'occasion de faire remonter les réalités du terrain jusqu'aux décideurs publics. Pour la fédération, elle « doit être l'opportunité de faire remonter au plus haut niveau de l'État » les enjeux liés aux maltraitances, à la prise en charge des enfants confiés, mais aussi à l'accès à l'éducation, à la santé et à la culture.
La fédération rappelle également que « les droits et besoins fondamentaux des enfants sont insuffisamment garantis » et cite l'affaire Lyhanna comme une « illustration tragique » des défaillances qui persistent dans la protection de l'enfance.