La protection des enfants s'invite désormais au cœur des politiques locales. Les Lilas, en Seine-Saint-Denis, deviennent la première commune à créer un médiateur communal des droits de l'enfant, un dispositif destiné à recueillir la parole des mineurs et à accompagner les familles.
La municipalité des Lilas crée un médiateur communal dédié aux droits de l'enfant. Le dispositif est conçu comme un espace d'« écoute, d'orientation, de médiation amiable et de recommandation favorisant la prise en compte effective de la parole des enfants et de leurs représentants légaux ». Son champ d'intervention, ses modalités de saisine et les conditions de recevabilité sont définis dans un règlement spécifique. Lionel Benharous, maire PS des Lilas, désignera le titulaire du poste par arrêté municipal.
Paris fait marche arrière
La décision intervient quelques mois après le scandale du périscolaire parisien. Depuis le début de l'année, 78 agents ont été suspendus dans la capitale, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles.
Face à cette crise, Anne Hidalgo avait créé en décembre 2025 un poste de défenseure des enfants confié à Dominique Versini, ancienne Défenseure des enfants au niveau national entre 2006 et 2011. La mesure avait alors été présentée comme « une première en France » pour une collectivité locale.
Mais l'initiative n'aura duré que quelques mois. À son arrivée à l'Hôtel de Ville, le nouveau maire socialiste Emmanuel Grégoire a décidé d'y mettre fin. « Il y a déjà un défenseur des enfants au niveau national », justifie-t-il, préférant annoncer un plan d'action doté de 20 millions d'euros comprenant notamment une cellule d'écoute accessible directement aux parents.
Un appel aux collectivités
Pour Claude Roméo, ancien directeur départemental enfance-famille de la Seine-Saint-Denis et ancien président de l'Association nationale des directeurs d'action sociale et de santé (ANDASS), la création de ce médiateur répond à un besoin identifié de longue date. Dans un post LinkedIn, il estime qu'« il manque au niveau local une organisation rendant visible la parole des enfants en proche proximité que représente l’échelon communal ».
L'ancien responsable appelle à généraliser ce type d'initiative. Selon lui, « il devient urgent la mise en place d'un défenseur des droits de l'enfant dans le cadre des plans d'actions des conseils municipaux ». Et d'ajouter : « dans ce domaine, l'État, les départements, les CAF doivent soutenir les communes créant un défenseur des enfants ».