La mortalité infantile augmente en France depuis 2011. Missionnée pour dresser l'état des lieux de l'offre de périnatalité, l'IGAS écarte le procès des fermetures de maternités et mise sur la prévention, les PMI et l'accompagnement des familles les plus fragiles.

La mortalité infantile augmente en France depuis 2011, et le phénomène s'aggrave. Dans ce contexte, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a été chargée de dresser l'état des lieux de l'offre de périnatalité, d'en évaluer l'organisation et l'évolution, et d'identifier les conditions de réussite des réorganisations locales. Un fil conducteur traverse l'ensemble du rapport : la santé publique.

Confiée à une équipe composée du docteur Aquilino Morelle, d'Alexandre Pascal et de Marie-Odile Saillard, avec le concours de Lucie Ligier jusqu'à fin septembre 2025, la mission concentre son analyse sur les sept mois qui vont du troisième mois de grossesse au premier mois de vie de l'enfant. « Au cours de ces sept mois que se situent la majorité des enjeux », pose le rapport publié le mercredi 5 août.

Une mortalité qui repart

Le constat inquiète. Après avoir atteint en 2011 son plancher historique, à 3,5 ‰, le taux de mortalité infantile remonte sans interruption pour atteindre 4,1 ‰ en 2024. Soit 2 709 enfants morts avant leur premier anniversaire l'an dernier, un décès pour 250 enfants nés vivants. La hausse, de 0,6 point, tient entièrement à la mortalité néonatale, celle des vingt-huit premiers jours de vie, tandis que la mortalité post-néonatale reste stable. Tout se joue donc autour de la naissance, là où le suivi de grossesse, l'accouchement et la prise en charge du nouveau-né sont déterminants.

Le phénomène est aussi profondément territorial. Certains départements, urbains comme ruraux, affichent des résultats « particulièrement dégradés », quand d'autres rivalisent avec les meilleurs pays européens. L'Île-de-France pèse lourd : son impact dans la reprise nationale est « très fort », souligne le rapport.

L'outre-mer reste également confronté à une situation préoccupante. Entre 2004 et 2022, le taux moyen de mortalité infantile y est demeuré plus de deux fois supérieur à celui de la métropole : 8,0 ‰ contre 3,5 ‰. « C'est bien dans les évolutions en cours dans le seul Hexagone qu'il faut chercher l'explication », estime toutefois la mission, qui appelle à une action renforcée pour ces territoires.

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