Préconisée par la première Ciivise dès 2023, l’ordonnance de sûreté de l’enfant peine toujours à trouver sa traduction dans la loi. Lors d’un colloque organisé par CDP-Enfance à la Sorbonne, Pascal Cussigh, président de l’association, et Zoé Cerutti, membre de son pôle juridique, ont plaidé pour une mise à l’abri plus rapide des enfants.
Un enfant révèle des violences. Une plainte est déposée. Une enquête est ouverte. Dans de nombreux cas, cela ne suffit pourtant pas à l'éloigner de la personne qu'il accuse. Certains continuent de vivre sous le même toit ou de passer leurs week-ends chez le parent mis en cause.
C'est cette réalité que CDP-Enfance a choisi de placer au centre de son huitième colloque, organisé le 6 juin à la Sorbonne à Paris. Dédiée à la mémoire de Gérard Lopez, psychiatre, pionnier de la victimologie en France et figure majeure de la protection de l'enfance, la rencontre se tenait quelques jours après la mort de Lyhanna, dans un contexte également marqué par les révélations de violences dans le périscolaire parisien.
Une même question a traversé les échanges : que se passe-t-il entre la révélation des violences et la décision judiciaire ? Pour Pascal Cussigh, avocat pénaliste au barreau de Paris et président de CDP-Enfance, et Zoé Cerutti, élève-avocate, membre du pôle juridique de l’association et ancienne rapporteure de la première Ciivise, cette période demeure l’un des principaux angles morts de la protection de l’enfance. Une faille qui, selon eux, justifie la création d’un nouvel outil : l’ordonnance de sûreté de l’enfant.
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