Sur TikTok et Snapchat, une campagne aide les adolescents à reconnaître le chantage aux images intimes. Portée par la Ciivise et le ministère chargé de la Santé et des Familles, elle encourage les victimes et les témoins à parler et à contacter le 3018.

Une photo intime, puis le chantage. L’agresseur réclame de l’argent, d’autres images ou des actes sexuels, sous peine de tout diffuser. Par peur ou par honte, l’adolescent peut se retrouver seul face aux menaces. En 2024, les cas de sextorsion pris en charge par le 3018 ont augmenté de 74 %. Cette forme de chantage touche particulièrement les mineurs, notamment les filles et les garçons âgés de 11 à 17 ans.

Depuis le 25 septembre, une campagne diffusée sur TikTok et Snapchat met en scène ce piège pour aider les jeunes à en sortir. Elle est portée par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) et le ministère chargé de la Santé et des Familles. « La sextorsion est une violence qui touche directement nos enfants et nos adolescents, dans un espace numérique qui fait pleinement partie de leur quotidien », souligne la ministre Stéphanie Rist.

Le piège de la confiance

La campagne montre comment les agresseurs approchent les adolescents : « aller à leur rencontre sur les réseaux qu’ils fréquentent, gagner progressivement leur confiance et, souvent, se faire passer pour une personne qu’ils ne sont pas », décrivent la Ciivise et le ministère. Ces stratégies d’emprise, appelées « grooming », préparent le chantage. L’agresseur menace ensuite de diffuser des images intimes auprès des proches ou sur les réseaux sociaux pour obtenir de l’argent, de nouveaux contenus ou des actes sexuels.

Le chantage peut commencer après l’envoi volontaire d’une photo intime. Mais il peut aussi survenir sans que le jeune ait partagé d’image, « à la suite du piratage d’un compte ou de la création d’une image truquée, notamment grâce à l’intelligence artificielle », précisent les deux institutions.

La victime n’est pas responsable

La campagne aide le jeune à reconnaître le chantage et rappelle que seul l’agresseur en est responsable. Avoir envoyé une photo ne rend pas l’adolescent responsable du chantage qu’il subit.

« Nous devons leur donner les moyens de reconnaître ces situations, de savoir qu’ils n’en sont jamais responsables et surtout de ne pas rester seuls », insiste la ministre.

Victimes ou témoins sont invités à parler à un adulte ou à contacter le 3018, gratuit et confidentiel. Accessible notamment par chat, le service accompagne les jeunes victimes de violences numériques. Il peut aussi intervenir pour signaler et faire supprimer des contenus ou des comptes préjudiciables.

D’autres outils à venir

La campagne a été présentée lors du comité de suivi interministériel du Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027, réuni le 28 septembre. Deux autres outils ont été annoncés : une nouvelle campagne du 119 et la formation nationale en ligne « Enfants en danger », disponible à compter du 1er octobre.


Le 3018, gratuit et confidentiel

Victimes ou témoins de sextorsion peuvent contacter le 3018, 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, par téléphone ou par chat sur 3018.fr et l’application 3018. Gratuit, anonyme et confidentiel, le service accompagne les jeunes victimes de violences numériques et peut intervenir pour faire supprimer des contenus ou des comptes préjudiciables.