À l'approche des grandes vacances, l'association Excision, parlons-en ! et son réseau relancent leur campagne nationale de sensibilisation contre les mutilations sexuelles féminines.

Selon l'étude Excision et Handicap (Ined, 2009), chaque année, 3 filles sur 10 dont les parents sont originaires de pays où les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées sont exposées à un risque d'excision.

Depuis le 25 juin et jusqu'au 2 septembre 2026, la campagne « L'excision ne doit jamais faire partie du voyage » est déployée dans toute la France : plus de 1 000 abribus mobilisés, une présence dans les établissements scolaires, les centres de PMI, les consulats des pays concernés et sur les réseaux sociaux. Un kit de sensibilisation gratuit — deux affiches téléchargeables, l'une grand public, l'autre à destination des professionnels — est disponible pour affichage dans tout lieu accueillant des familles.

Les pouvoirs publics entendent sensibiliser les familles et les professionnels pour mieux protéger les jeunes filles menacées. Le message est clair : « agir en cas de doute » et rappeler que la loi française ne laisse « aucune impunité » aux auteurs de mutilations sexuelles féminines.

« Aujourd’hui, même si on estime à 139 000 le nombre de femmes excisées en France, aucune pratique active n'est recensée sur le territoire français. Toutefois, chaque année, des fillettes et des jeunes filles courent le risque d’être mutilées à l’occasion d’un séjour à l’étranger, où la pratique se perpétue », rappelle le ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes. 

« 139 312 femmes majeures et 10 688 filles mineures mutilées vivent en France. Par ailleurs, 24 791 filles mineures bénéficient de la protection de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) en raison d'un risque de mutilation sexuelle féminine », souligne la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF).

L'article 222-9 du code pénal punit les violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente de « dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende ». À ce titre, l'auteur d'une mutilation sexuelle féminine, mais aussi le responsable légal de l'enfant mutilé, peuvent être poursuivis.

Mieux repérer et accompagner

Le ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes déploie des outils numériques consacrés au corps sexué féminin et aux mutilations sexuelles féminines. Téléchargeables gratuitement, ils s'adressent à l'ensemble des professionnels accompagnant les victimes. « Ils pourront également être utilisés par les travailleurs sociaux et les personnels de la communauté éducative dans le cadre des séances d'éducation à la sexualité », souligne le ministère.

En 2019, la France a adopté son premier Plan national d'action visant à éradiquer les mutilations sexuelles féminines. Parmi les mesures destinées à mieux protéger les mineures figure la diffusion d'une plaquette à destination des professionnels en contact avec les enfants afin de les aider à repérer les situations à risque ou à identifier une mutilation déjà pratiquée.


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