Mercredi 27 mai, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le député Laurent Mazaury a interpellé le gouvernement sur la situation des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).

En 2025, 48 000 élèves attendent un soutien qui leur est pourtant notifié par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). C'est 33 % de plus qu'un an plus tôt. Dans sa circonscription, à Trappes, un élève sur trois n'a pas d'AESH.

« Derrière les discours sur l'école inclusive, la réalité du terrain est en fait un parcours du combattant pour des milliers de familles », lance le député LIOT des Yvelines. Laurent Mazaury décrit les conséquences concrètes de cette pénurie : pour les enfants handicapés d'abord, dont l'absence d'accompagnement « entrave leur socialisation, brise leur élan vers l'autonomie et compromet gravement leur apprentissage » ; pour les familles ensuite, qui vivent « une détresse psychologique et financière immense », l'un des parents étant souvent contraint de « réduire, voire de cesser son activité professionnelle » ; pour les enseignants enfin, qui font face à « une charge mentale insoutenable », « livrés à eux-mêmes » pour gérer des situations de crise sans formation adaptée.

Laurent Mazaury, député Liot des Yvelines.

« La solidarité nationale ne peut pas reposer uniquement sur le dévouement des enseignants et le sacrifice des parents », affirme l'élu avant de conclure : « Quand allez-vous enfin accorder aux AESH un véritable statut de la fonction publique ou bien nous proposer toute autre solution viable pour mettre fin à la précarité et à la crise des vocations ? » Le salaire brut d'un AESH en début de carrière s'établit à 1 132 euros, rappelle-t-il.

Le gouvernement défend son bilan

C'est Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, qui répond en l'absence d'Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, retenu à Arras pour un hommage à Dominique Bernard, le professeur de lettres assassiné dans un attentat islamiste au lycée Gambetta-Carnot en octobre 2023.

« Nous avons bâti un véritable service public de l'école inclusive. L'effort en faveur des AESH est sans précédent : 68 % d'effectifs en plus, soit près de 145 000 personnes en 2025, permettant l'accompagnement de 195 000 élèves supplémentaires », revendique-t-il.

Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur.

Il détaille également plusieurs mesures de revalorisation salariale. Selon lui, « la rémunération nette mensuelle d'un AESH a progressé de 287 euros en moyenne entre 2017 et 2024, avec une hausse de 13 % entre 2023 et 2025 ». Philippe Baptiste cite notamment la revalorisation de la grille indiciaire, l’indemnité de fonction, l’augmentation du point d’indice et l’intégration du temps de travail hors présence auprès des élèves. Le ministre ajoute que « près des deux tiers des AESH » disposent désormais d’un contrat à durée indéterminée.

Le gouvernement prévoit par ailleurs la création de 2 000 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires à la rentrée 2025, auxquels s’ajoutent 1 200 postes inscrits dans le projet de loi de finances pour 2026. Sur la question d’un véritable statut pour les AESH, Philippe Baptiste reste plus prudent. « Les principales questions demeurent celles du temps de travail et de la mobilité », reconnaît-il, en renvoyant aux discussions prévues avec les organisations syndicales. « Le 17 juin sera une date essentielle pour la poursuite de ces travaux », conclut-il.

La fonctionnarisation, une piste écartée

La fonctionnarisation réclamée par Laurent Mazaury se heurte pourtant à deux avis convergents : un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et un rapport sénatorial ont tous deux écarté cette piste, jugeant qu'elle ne réglerait ni les difficultés de recrutement ni la gestion de personnels aux besoins très variables d'un établissement à l'autre. Le 17 juin, les discussions porteront sur le temps de travail et la mobilité.


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